Mardi 6 novembre 2007
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On parle beaucoup de l'attribution du Prix Renaudot 2007 à Chagrin d'école de Daniel Pennac (Gallimard). Mais la polémique ne doit pas faire oublier le choix du jury, dans
la catégorie "essais". FOG, Patrick Besson et leurs amis ont choisi de saluer Le Bénarès-Kyoto d'Olivier Germain-Thomas (Le Rocher). Précisons que le livre primé est édité
dans la collection "La fantaisie du voyageur", dirigée par un certain Christian Giudicelli - membre du Renaudot, y a-t-il besoin de le rappeler...
Fait notable : en annonçant le résultat, André Brincourt s'est quelque peu emmêlé les pinceaux et, en direct sur les ondes, n'a même pas été capable de donner le titre exact du
livre. Un trou de mémoire ? L'an passé, ce brave monsieur (labellisé "Grasset") s'était déjà trompé sur le titre du lauréat (à savoir Mémoires de porc-épic d'Alain Mabanckou, devenu
Porc-épic tout court - ben oui, le livre n'était pas publié chez Grasset, alors...).
Par Le Corbeau de l'édition
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Jeudi 1 novembre 2007
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1/11/2007 : jolie critique, en ouverture du "Figaro littéraire", de Pacific Agony de Bruce Benderson (Rivages), signée Benoît Duteurtre.
Précisons que les deux hommes n'ont jamais caché leur grande amitié et que, au passage, Bruce n'est autre que l'un des promoteurs de l'oeuvre de Benoît aux Etats-Unis... Il a notamment traduit cet extrait, sur le site de Duteurtre :
http://duteurtre.free.fr/guppy/articles.php?lng=fr&pg=45
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Dimanche 28 octobre 2007
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Dans son désormais "culte" journal du mois d'autopromotion dans le JDD (28/10/2007), Philippe Sollers continue son show automnal et sa tournée dans le registre "je m'aime, je suis
un génie, achetez mes livres et je vous emm...". Cette fois-ci, il juge l'accueil "presse" de ses mémoires.
Constatez : "Ecrire est un vrai bonheur d'indépendance, publier un sport de combat. Mon vieil ami Lacan parlait de "poubellication", terme très exagéré, mais il y a de ça. Un se
fait ramasser entre des éloges et du poivre, c'est à qui parlera le premier, et si le premier est favorable, alors tous les espoirs sont permis. Cependant, il faut repasser par la réactualisation
de votre dossier : vos défauts, vos erreurs, vos errances, vos qualités (pas trop), vos "provocations", etc. Vous venez d'écrire un livre clait, net, con,centré, positif, plutôt drôle, mais l'un
vous dit "déboussolé", un autre "en plein désarroi", un autre "narcissique et mélancolique", un autre encore vous reproche de vous "autocélébrer" tout en pleurnichant. Vous courez d'un studio à
l'autre, vous décidez que c'est amusant et vous trouvez ça amusant. Vous avez, en somme, une bonne nature. De temps en temps, vous relisez rapidement une de vos pages, et, rien à faire, vous
êtes content de vous. Affligeant."
Au passage, on remarquera une publicité, pour la réédition (en Points Seuil) de quatre livres de ce garnement . La réclame nous rassure, en gros caractères : "On a toujours raison de relire
Sollers." Puis, en dessous, notez cette présentation, digne de ce cher Philippe : "Le Parc et Une curieuse solitude, chefs d'oeuvre de jeunesse, L'Ecriture et
l'expérience des limites et L'Année du Tigre, oeuvres de maturité : (re) découvrez le plus brillant des écrivains français." L'écrivain à la célèbre coupe de cheveux
n'aurait pas mieux dit...
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Samedi 20 octobre 2007
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Après de nombreuses années au "Monde", Philippe Sollers a rejoint voici quelques temps "Le Nouvel Observateur", où il tient régulièrement
chronique (parlant notamment de tous les nouveaux volumes de la Pléiade - édités, comme on sait, par sa propre maison, Gallimard). Il a bien fait, car on l'y traite bien :
l'hebdomadaire publie cette semaine les bonnes feuilles de ses mémoires, accompagnées d'un article tout en louanges du rédacteur en chef de la rubrique culturelle, Jérôme Garcin.
Les sommets de l'autopromotion sont néanmoins atteints dans le numéro de septembre de "L'infini", la revue que dirige Philippe Sollers chez Gallimard. Ce numéro
étant le centième, il commence, en guise d'auto-cadeau d'anniversaire, par un cahier d'une trentaine de pages intitulé "Roman-photos" et entièrement consacré à... Philippe Sollers : Sollers
lit le journal, Sollers tape dans un ballon, facs-similés de dédicaces faites à Sollers, Sollers discute avec Haenel, Sollers avec Pleynet, Sollers avec Schuhl, Sollers de face, Sollers
de profil, Sollers de dos, Sollers à Venise, Sollers à Paris, Sollers, Sollers, Sollers. On n'est décidément jamais aussi bien servi que par Philippe Sollers, quand on est Philippe Sollers
!
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Vendredi 19 octobre 2007
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Depuis des années, l'ex-rédacteur en chef de "Lire" admire l'oeuvre de Nathalie Rheims. Pierre Assouline n 'hésite en effet
jamais jamais à signer un article sur celle-ci, dans de nombreuses tribunes. Il récidive sur son blog, La République des lettres, avec un papier extrêmemnt
élogieux.
http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/10/05/passer-sa-vie-a-en-avoir-dautres/
Peut-être aime-t-il sincèrement Journal intime, après tout. Mais le plus drôle est à chercher du côté de la Revue littéraire de Léo Scheer, dans lequel Nathalie Rheims a encensé Le
Portrait de Pierre Assouline.
http://www.leoscheer.com/spip.php?article675
Ce qu'on appelle un échange de bons procédés.
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Mercredi 17 octobre 2007
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La deuxième sélection du Prix Fémina 2007 a de quoi interroger les observateurs de la vie de l'édition. Après la présence du roman de Marie Darrieussecq (alors
qu'il provoquait le foudres de Camille Laurens, récemment propulsée au sein du jury), nos bonnes dames nous offrent une deuxième cuvée aux odeurs de collusion et, peut-être, d'intérêts
extra-littéraires. Jugez-en par vous-mêmes, avec cette liste, presque aussi "curieuse" que celle du Renaudot :
Baisers de cinéma d'Eric Fottorino (Gallimard - directeur du "Monde"...)
La Passion selon Juette de Clara Dupont-Monod (Grasset - journaliste à "Marianne" et éditrice chez Denoël)
Qui se souvient de David Foenkinos ? de David Foenkinos (Gallimard - entre autres bloggueur sur le site de "Livres Hebdo")
La Baie d'Alger de Louis Gardel (Seuil - membre du prix Renaudot et éditeur au Seuil)
Sept pierres pour la femme adultère de Vénus Khoury-Ghata (Actes sud - célèbre organisatrice de dîners mondains, très courtisés par le milieu littéraire)
La Donation de Florence Noiville (Stock - rédactrice en chef adjointe du "Monde de livres")
J'ai tant rêvé de toi des frères Poivre d'Arvor (Albin Michel - un présentateur d'émission littéraire qui aime les femmes d'un côté, un grand défenseur de la culture française à l'étranger
de l'autre).
Outre ces titres dont la présence peut laisser sceptique, il convient d'ajouter (le beau) Le Soleil se souche à Nippori de Jean Pérol (La Différence), Quelque chose à cacher de
Dominique Barbéris (Gallimard) et Caravansérail de Charif Majdalani (Seuil). Espérons que le lauréat soit l'un des trois.
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Samedi 13 octobre 2007
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Considéré comme un anti-Goncourt, le Prix Décembre peut se vanter d'avoir, parmi les récompenses automnales, le palmarès le plus flatteur, au-delà des collusions (citons quelques
lauréats : Les Grandes blondes de Jean Echenoz en 1995, La Compagnie des spectres de Lydie Salvayre en 1997, Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq en 1998 ou
Abbés et Corps du roi de Pierre Michon en 2002).
Le jury ? Actuellement, le Prix Décembre est décernée par une assemblée réunissant Frédéric Beigbeder, Michel Crépu, Philippe Sollers, Pierre Bergé, Arnaud Viviant, Patricia Martin, Jérôme Garcin
et Dominique Noguez
Au vu de ce passé somme toute salutaire, on peut s'étonner d'une sélection 2007, davantage marquée par les copinages que par la pertinence des choix.
Ainsi, la présence de Pension alimentaire d'Eric Neuhoff (Albin Michel), chroniqueur au "Masque et la plume", serait-elle dûe à un jury comptant de nombreux
participants à la fameuse émission de France Inter (Michel Crépu, Patricia Martin, Arnaud Viviant et Jérôme Garcin ?).
De l'extermination considérée comme l'un des beaux arts de François Meyronnis et Cercle de Yannick Haenel ont-ils eu la voix de leur éditeur, Philippe Sollers, dont le sens de la
déonotologie n'est plus à démontrer... Nada exist de Simon Liberati (Flammarion) a-t-il été le choix de Frédéric Beigbeder (éditeur chez Flammarion du précédent roman de l'auteur,
Anthologie des apparitions) ?
Rappelons la présence des livres du pigiste multicartes Patrick Besson (Belle-soeur), du bloggueur de "Livres hebdo" David Foenkinos (Qui a tué David Foenkinos ?), du directeur du
"Monde" Eric Fottorino (Baisers de cinéma). N'oublions pas le chroniqueur du "Monde 2" Christophe Donner (Un roi sans lendemain), de la collaboratrice du "Magazine littéraire"
(pour les classiques à redécouvrir) Linda Lê (In Memoriam - peut-être faudrait-il enfin consentir à lui donner un prix ?) et, dans la même tribune, le spécialiste de la poésie
Jean-Yves Masson (Ultimes vérités sur la mort du nageur).
Il ne reste qu'un titre à citer : Cendrillon d'Eric Reinhardt (Stock). Qui a dit le meilleur livre de la sélection ?
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Samedi 13 octobre 2007
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14/9/2007 : joli échange de procédés entre Franz-Olivier Giesbert et Patrick Besson (tous deux membres du Renaudot), remarquablement capté par Sébastien Fontenelle
sur son blog.
http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2007/09/14/franz-olivier-giesbert-l%C3%A8che-patrick-besson-qui-avait-l%C3%A9ch%C3%A9.html
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Jeudi 11 octobre 2007
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11/10/ 2007 : Comme vous avez pu le lire sur ce blog, notre amie Stéphanie Janicot n'avait pas manqué de chanter les louanges, entre autres livres de journalistes puissants, de
Birmane de Christophe Ono-dit-Biot (Plon).
Eh bien vous savez quoi ? Ce dernier, grand seigneur, sait renvoyer l'ascenseur. Dans "Le Point" (dont, rappelons-le, il dirige les pages livres...), cette semaine, Gilles Pudlowski
chante les louanges du Privilège des rêveurs (Albin Michel).
Par Le Corbeau de l'édition
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Jeudi 11 octobre 2007
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Octobre 2007 : Dans "Le Magazine littéraire", François Nourrissier, de l'Académie Goncourt, consacre 2 pages au roman de Pierre Assouline, Le
Portrait (Gallimard) - dont on vous conseille, pour rire, de lire toutes les critiques parues dans la presse... Il va de soi que Pierre Assouline n'a
jamais, ô grand jamais, collaboré au "Magazine littéraire"...
Pierre Assouline vient par ailleurs de se voir remettre le "Prix de la langue française", doté de 10 000 € et décerné par un jury composé de
: François Nourrissier (tiens donc !), Edmonde Charles-Roux, Daniel Boulanger, Pierre-Jean Rémy, Franz-Olivier Giesbert, Jean-Paul Kauffmann, Bernard Pivot, Robert
Sabatier, Jean-Marie Rouart, Jean-Denis Bredin, Hélène Carrère d'Encausse et Jean Favier.
Faut-il y voir une manière de cooptation anticipée dans l'une des deux académies ici représentées - Goncourt et française ? A suivre...
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